Hommage à MARINO DI TEANA (1920-2012)

Publié le 7 Février 2017

Né en 1920 à Teana, un petit village en Italie du sud. En 1936, son grand père
le sauve des enrôlements obligatoires pour aller faire la guerre en
Russie, en l’envoyant en Argentine. Il rentre sur concours à l’Ecole Nationale
des Beaux-Arts de Buenos-Aires. Il obtient le Premio mitre, équivalent du
Prix de Rome, ainsi que le titre de professeur supérieur. Mais Marino di Teana
préfère retourner en Europe, pour découvrir en réel tout l’art du vieux
monde. Il s’installe à Paris en 1953, et à la suite du concours gagné organisé
par St Gobain pour la réalisation d’une première sculpture monumentale
en France, (le jury est composée de Alberto Giacometti, Zadkine, Seuphor),
Denise René lui propose d’exposer ses premières sculptures. Elle lui organise
plusieurs expositions personnelles à partir de 1960. Il rencontre alors
tous les artistes de son époque : Vasarely, Cruz-Diez, Fontana, Arp, Calder,
Dubuffet, Cesar. Denise René lui demande de faire du cinétisme, mais Di
Teana garde sa propre voie artistique axée sur la sculpture architecturale.
Tout au long de sa carrière il participe à de très nombreuses manifestations
d’art contemporain en France et à l’étranger. Ses pièces sont exposées
dans les musées d’Ixelles, Liège, Bruge, Leverkusen, Francfort, Munster,
Copenhague, Tokyo, Tel Aviv, Mineapolis. De nombreuses galeries ont
exposées Di Teana : Galeries Stendhal à Milan, Redfern Gallery à Londres,
Lahumière, Claude Bernard, Arnoux, Dutko, Carlhian, Artcurial à Paris.
Aujourd’hui, Krings Ernst Gallery à Cologne, Michèle Broutta, Gimpel &
Muller. Retrospective au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris en 1976.
Musée de Pau en 1981. National Saarland Museum, Saarbrücken en 1987.
Il représente l’Argentine à la Biennale de Venise en 1982, et la France au
Symposium International des Arts et des Sciences de Seoul (Corée) en 1997.
Il est un des rares sculpteurs à réaliser, souvent à la suite de concours, un
grand nombre de sculptures monumentales dont plusieurs mesurent autour
de 20 mètres de hauteur (Fontenay-sous-Bois, Montpellier, Orléans-Chevilly,
Canjuers-Var).
Marino Di Teana obtient de nombreuses récompenses. Il est nommé Chevalier
dans l’Ordre des Arts et des Lettres en 1974, reçoit la grande médaille
d’argent de l’Académie Française d’Architecture, décernée pour l’ensemble
de son oeuvre, ou le prix Paul Louis Veiller décerné par l’Académie des
Beaux-Arts. Il nous laisse un vaste patrimoine artistique constitué de maquettes,
plans, documents écrits, reliefs, bronzes, bijoux, médailles, dessins,
tableaux, mobilier et projets architecturaux, en plus de ses fameuses structures
monumentales. L’ensemble de son oeuvre depuis 1943 est en train
d’être répertoriée dans un catalogue raisonné de deux tomes en préparation.
Artiste, humaniste, architecte et philosophe, Marino fait partie de
cette génération d’artistes prospectifs des années 1960 qui questionnent les
relations entre l’art, l’architecture et l’espace. Il est le créateur de la sculpture
architecturale. Aujourd’hui, Nicolas Marino di Teana, unique héritier, a
sauvegardé l’atelier en musée, et il continue de faire vivre cette oeuvre en
participant à de nombreuses expositions et manifestations.
« Artiste humaniste universel, Marino Di Teana, dans la lignée du vitalisme
de Parménide, des fulgurances cosmiques de Giordano Bruno, est un poète
et philosophe de l’espace. Pour lui, toutes les échelles convergent : du plus
petit au plus grand. » (Marie-Ange Brayer)

Rédigé par Milija Belic

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